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Libéralisme et protectionnisme

 

 

 

 

A) Le débat libre échange/protectionisme.

1) Les fondements du libre échange et leurs prolongements.

Les premières justifications du libre échange ont été proposés par l'école classique anglaise. Adam Smith explique que les pays ont intérêt à l'échange international dès que la différence des coûts de production est telle qu'il est plus intéressant de s'approvisionner à l'étranger. Ainsi chaque pays doit se spécialiser dans la production pour laquelle il manifeste un avantage absolu par rapport à ses concurrents; en revanche, il importera les produits pour la production desquels il ne manifeste aucun avantage. Cependant, cette théorie des avantages absolus marque très vite ses limites. Comment un pays qui produit tous les biens dans de meilleures conditions que ses voisins peut-il participer à un échange international fondé sur la réciprocité? Que peut-il se procurer en échange? Doit-il renoncer à toute spécialisation? Les mêmes questions se posent pour les pays les moins efficaces dans toutes les productions.

Cette critique de fond a conduit David Ricardo à élaborer la théorie des avantages relatifs selon laquelle un pays a intérêt à se spécialiser dans la production des biens pour lesquels l'avantage comparatif est le plus fort ou le désavantage relatif le plus faible. Ricardo n'explique cependant pas pourquoi certains pays disposent d'avantages comparatifs. La théorie de la dotation factorielle (ou théorème de Heckschler, Ohlin, Samuelson) élaborée dans le courant du XXème siècle justifie la spécialisation par l'abondance ou la rareté des facteurs de production. Autrement dit un pays devra se spécialiser dans les productions, intégrant le facteur de production dont le pays est le plus richement doté. Ce théorème a fait l'objet de nombreuses vérifications statistiques. C'est ainsi que Léontieff a dans les années 1950 analysé le commerce extérieur des Etats-Unis. Alors que ce pays paraissait plus richement doté en capital qu'en travail. Léontieff constate que les exportations américaines sont plus intensives en travail que leurs inmportations. Ce paradoxe a été levé par Léontieff lui-même quand il montre que, si l'on considère non pas la quantité de travail mais la productivité du travail, les Etats-Unis sont très richement en travail productif (qualifié).

Selon les analyses classiques et leurs prolongements, le libre échange est favorable à la croissance et à la spécialisation puisqu'il permet à chaque pays de valoriser au mieux ses avantages comparatifs tout en se procurant au meilleur coût les produits qui lui sont nécessaires.

2) Le protectionnisme et ses justifications.

Le modèle classique liant libre échange et croissance a connu de nombreuses dénonciations non seulement théorique mais également de nature empirique. Au XIXème siècle l'Allemand Friederich List (1789-1846) montre que l'industrie de son pays ne pouvait tirer avantage de l'ouverture des frontières dans la mesure où elle n'était pas encore suffisamment compétitive pour supporter la concurrence britannique. C'est pourquoi il préconise un protectionnisme éducateur destiné à protéger les industries naissantes. Plus tard, dans le courant du XXème siècle, Kaldor expliquera à partir du cas britannique que le protectionnisme peut s'appliquer aussi aux industries vieillissantes, non pour empêcher leur disparition, mais pour la rendre plus progressive et faciliter leur reconversion.

D'un point de vue empirique, une étude très fouillée de Paul Bairoch parue en 1976, montre que la croissance de la production a été beaucoup plus vigoureuse dans les pays protectionnistes que dans les pays libéraux. Le libre échange représenterait donc la force des forts alors qu'il pénaliserait les économies les plus fragiles. Par ailleurs, les effets favorables du libre échange s'estomperaient dans le temps. C'est ce qui se produit dans le courant du XIXème siècle où le rythme de croissance des économies libre-échangistes s'essoufle rapidement.

B) Le renouvellement du débat au XXème siècle.

1) L'apparition de la contrainte extérieure.

Pendant les Trente Glorieuses libre-échange et croissance se sont mutuellement renforcés, accentuant l'interdépendance des économies. En France, le commerce extérieur repésentait en 1945 10% du PIB. Ce taux est passé à plus 20% au début des années 1990. Cela signifie que les ventes à l'étranger représentent une part de plus en plus importante des débouchés, tandis que les importations concurrencent vivement la production nationale. L'intensification des échanges extérieurs fait alors peser une nouvelle contrainte sur les économies ouvertes. En effet, la croissance économique se traduit par une augmentation de la demande dont une part est satisfaite par les importations en provenance de l'étranger. Si la croissance économique est plus forte que celle des partenaires, les importations augmentent plus vite que les exportations. Le déséquilibre extérieur qui en résulte impose des politiques d'ajustement passant généralement par un ralentissement de la croissance. Ainsi aucun pays ne peut avoir de croissance durablement supérieure à celle de ses voisins. La France en a fait cruellement l'expérience en 1981. Réciproquemnt, si les exportations représentent 1/5 à 1/4 des débouchés, toute récession dans les pays partenaires se traduit immédiatement par des pertes de marchés et donc de production et d'emplois. Une croissance rapide à l'étranger peut susciter une hausse des exportations et donc tirer la croissance.

En raison donc de l'intensification des échanges et de l'interdépendance des croissances tous les pays subissent une contrainte extérieure. Cependant, son ampleur dépend du degré d'ouverture économique. Les Etats-Unis et le Japon, dont les échanges extérieurs ne représentent respectivement que 6% et 13% de leur PIB en 1994, subissent une moindre contrainte extérieure que les pays européens qui sont beaucoup plus ouverts. L'intensité de la contrainte extérieure est en outre fonction de la capacité des appareils productifs à répondre à l'accroissement de la demande tant extérieure qu'intérieure. Ainsi le Japon est-il peu contraint dans la mesure où sa spécialisation lui permet de répondre non seulement à la demande exprimée sur son propre marché intérieur (l'élasticité des importations par rapport au PIB est faible) mais aussi à la demande mondiale (l'élasticité des exportations par rapport au PIB des partenaires est forte).

2) La tentation protectionniste.

Depuis le milieu des années 1970, le durcissement de la concurrence internationale et le ralentissement du rythme de la croissance mondiale justifient de nouvelles formes de protectionnisme. Aux arguments traditionnels visant à préserver l'emploi dans les industries naissantes ou vieillissantes, s'ajoutent de nouvelles justifications. Les restrictions aux échanges répondraient à des pratiques déloyales et à des distorsions de concurrence.

Dans la mesure où le GATT interdit le protectionnisme tarifaire, les contingentements et les subventions, les voies du protectionnisme sont généralement détournées. De nombreux gouvernements invoquent la clause sociale autorisée par le GATT pour appliquer des mesures protectionnistes classiques (tarifs, contingentements) envers les pays accusés de pratiquer un dumping social, c'est à dire tirant leur compétitivité de l'exploitation de leur main d'oeuvre. La clause sociale est également invoquée lorsque des subventions sont accordées à des entreprises ou des secteurs en difficulté ou en restructuration. Ces aides représentent un moyen de maintenir des prix compétitifs et de sauver l'emploi dans des secteurs tel que la sidérurgie, les chantiers navals, les charbonnages ou encore l'aéronautique.

Le protectionnisme adopte le plus souvent des armes non tarifaires. De 1966 à 1986 la proportion des importations des pays développés touchées par des mesures non tarifaires est passée de 25% à 48%. Ainsi le protectionnisme peut prendre la forme d'accords d'autolimitation (souvent imposés au nom de la clause sociale). L'AMF (accord multifibres) signé en 1974 avait ainsi pour but de protéger le textile européen de la concurrence des pays d'Asie. Un accord de ce type fut également signé entre les pays européens et le Japon en 1991 pour limiter jusqu'en 1999 les importations de véhicules japonais en Europe. Les normes techniques de sécurité ou antipollution sont également un moyen de se protéger de la concurrence extérieure. Ainsi les Etats-Unis ont-ils refusé à l'origine l'aterrissage du Concorde sur les aéroports américains en raison du bruit. L'Allemagne et l'Autriche ont de le même façon exigé que toutes les voitures importées soient équipées de dispositifs antipollution. La pratique des marchés publics est une autre forme de protectionnisme déguisé puisque ce sont souvent des produits nationaux qui sont systématiquement privilégiés. Le recours à des dévaluations compétitives est également considéré comme un moyen de favoriser artificiellement la compétitivité des produits nationaux , tout en limitant la concurrence d'importations dont le coût est renchéri.

Ce néoprotectionnisme se développe actuellement dans tous les pays industrialisés, que ce soit les Etats-Unis, le Japon ou les pays européens. Il permet par des moyens détournés, difficiles à contrôler et donc à sanctionner, de se protéger de la concurrence extérieure. En même temps le discours officiel reste favorable au libre échange.

3) Les nouvelles théories du commerce international.

Les théories traditionnelles du commerce international justifient le libre échange en raison des avantages comparatifs (analyse ricardienne) qui proviennent de la dotation de chaque pays en facteurs de production (théorème HOS). Aujourd'hui il s'avère que la spécialisation productive et les flux d'échanges s'expliquent aussi par l'innovation et la différenciation des produits. La stratégie des FMN contribue également à façonner les spécialisations productives et la nature des échanges.

Les nouvelles théories du commerce international se constituent à partir de nombreuses publications d'ouvrages et d'articles. L'essentiel de ces apports est synthétisé par P.Krugman qui a largement contribué à faire connaître ces nouvelles approches.

Les nouvelles théories restent globalement favorables à l'ouverture. Mais, à l'inverse des théories traditionnelles, elles considèrent que c'est l'ouverture qui crée les avantages comparatifs, car elle permet de réaliser des économies d'échelle en produisant en plus grande quantité et se trouve aussi à l'origine d'effets d'apprentissage. C'est la raison pour laquelle P.Krugman reprend le modèle de J.Brauder et B.Spencer pour proposer une "politique commerciale stratégique". Pour permettre à une entreprise de profiter des rendements croissants et de percer sur son propre marché avant de conquérir, grâce aux économies d'échelle et aux effets d'apprentissage, les marchés extérieurs, il est souhaitable d'adopter un certain protectionnisme et même de favoriser une politique d'incitation aux exportations par des tarifs ou des subventions. Il ne s'agit pas pour autant de renoncer au libre échange. Dans "la mondialisation n'est pas coupable", P.Krugman montre que le libéralisation des du commerce provoque des coûts d'ajustement et à des effets de redistribution négatifs. Les individus doivent s'adapter à l'évolution de l'environnement concurrentiel. Le prix à payer peut être le chômage ou l'aggravation des inégalités de revenu. Les travaux de Krugman expliquent que le commerce n'est pas la principale cause du déclin des salaires et que le protectionnisme ne peut pas permettre de résoudre le problème du chômage. Ce sont des mesures d'accompagnement qui sont proposées (protection sociale, flexibilité, formation , etc.) pour réduire le coût de l'ajustement. En effet, si la libéralisation du commerce peut entrainer d'importants coûts de l'ajustement. En effet, si la libéralisation du commerce peut entraîner d'importants coûts d'ajustement et des effets de redistribution négatifs, ces coûts sont largement inférieurs aux avantages tirés de la libéralisation. Il faut donc rendre la libéralisation acceptable pour lui permettre de se poursuivre.

présence de barrières tariffaires peut inciter les exportations étranger à investir en dehors de leurs frontières (Roberf t Mundell).

Le contournement des mesures protectionisme : USA, direct, indirect.

Le modèle OLI John Dunning.

La mobilité des fonds :

  • La migration internationale : push and pull factors.
  • Les analyses des mouvements migartoires : -Raul Salinas, -l’analyse néoclassique des mouvements migratoires.
  • Les effets de l’émigration.

Aujourd’hui le protectionnisme prend de plus en plus la forme d’obstacle de faits et sont peu visibles :

  • Les marchés publics.
  • Les barrières administratives.
  • Les subventions.
  • Les conditions d’exécution locale.
  • Le dumping de prédation : - Mécanisme - Condition 3.

Les justifications du protectionisme :

  • Le protectionime éducateur et le protectionisme temporaire.

- Objectifs : construire et déconstruire les avantages comparatifs.

- Le protectionisme éducateur (List)

- Industrie vieillissante (Kaldor)

b) Le protectionnisme peut être un moyen de relance de l’activité intérieure (keynes) (repris par Goodley)

- Mécanisme

- exemple.

c) Le protectionisme permet de modifier la répartition du revenu à l’intérieur du pays en fonction du facteur relativement rare. Le théorème dit de Stolphen Samuelson.

d) Le protectionisme est parfois instauré en représaille à l’encontre de partenaires protègeant leurs marchés nationaux. (85 : Motorola et Texas Instrument)

e) Le protectionisme permet de tirer parti de l’imperfection des marchés internationaux (Krugman).

Les justifications du protectionisme et son efficacité sont souvent contestées.

  • Le pb du protectionisme dû aux industries naissantes ou vieillissantes. Une leçon de l’histoire.
  • Economie de rente : plus facile mobilisation pour les entreprises que pour les consommateurs.
  • L’efficacité du protectionisme est aussi notoirement altérée par la possibilité de représailles.