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Naissance d’une cité industrielle.

Les Schneider au Creusot.

Créées en 1785 par Louis XVI, les Fonderies royales du Creusot voient se dérouler les premières expériences de fonte au coke. Mais 50 ans de mauvaise gestion par des propriétaires successifs laissent un bel instrument de production mal exploité. En 1836, les frères Schneider prennent la direction de l’usine et lui donne une nouvelle dimension.

Adolphe Schneider a 34 ans, Eugène 31. Ils travaillent tous deux pour la banque du baron Seillère croit en l’avenir de la métallurgie. Il associe ses deux jeunes cadres à ses projets et, en 1836, les trois hommes rachètent pour 2 680 000 francs les forges du Creusot à leur propriétaire, la famille Chagot.

Le pari du chemin de fer.

Lorsque Adolphe et Eugène arrivent au Creusot, ils trouvent une bourgade éteinte. La manufacture de cristaux de la reine a fermé, les forges sont en faillite depuis 1833. Les mines de Charbon elles-mêmes ne sont plus exploitées et il ne reste guère plus de 2 000 habitants dans les rues désertes.

En quelques semaines, la ville reprend vie. Les frères ne possèdent chacun que 4 actions sur un total de 80, mais ils agissent rapidement comme les maîtres de l’entreprise. Ils croient en l’avenir de la machine à vapeur, et surtout en cette invention anglaise dont on commence à parler : le chemin de fer. La mine est remise en exploitation, les brasiers de la fonderie et des forges rallumés. Les Schneider font construire des ateliers mécaniques, ils mettent en œuvre des techniques d’avant-garde. Les investissements sont énormes, mais la banque les soutient. La Gironde, première locomotive française, sort des ateliers en 1839, suivie quelques mois plus tard par le premier bateau à vapeur français. Rails et canons en acier sont mis en fabrication : encore une nouveauté. En 1840, l’ingénieur Bourdon met au point un gigantesque marteau-pilon à vapeur de 100 tonnes, symbole du Creusot.

La réussite.

Rapidement, les deux frères, qui bénéficient d’appuis solides dans les milieux politiques et financiers, reçoivent d’importantes commandes de l’Etat, civiles et militaires. Dès 1840, ils possèdent la moitié des actions du Creusot. D’employés, ils deviennent réellement associés, puis propriétaires. La banque Seillère continue à soutenir la société mais y réduit sa participation. Lorsque Adolphe meurt en 1845, Eugène lui succède à la tête de l’entreprise, qui ne cesse de prospérer. La même année, il est élu député et maire de la ville. Siz ans plus tard, il devient ministre du Commerce.

Le Creusot est alors la plus grande usine de France, sinon d’Europe. Les 2 000 habitants de 1836 sont maintenant 20 000. La moitié travaille pour les Schneider, les autres sont leurs femmes et leurs enfants. Des centaines de locomotives sortent des ateliers chaque année, machines de guerre et navires succèdent. Le bâtiment et le génie utilisent de plus en plus de métal : le Creusot produit des ponts et charpentes métalliques pour l’Europe entière, mais aussi des canons pour rivaliser avec ceux de l’allemand Krupp. En 1870, l’usine compte plus de 16 000 ouvriers.

Le paternalisme des Schneider.

« Quand on entre au Creusot, c’est pour la vie », disent les ouvriers. Ils ont raison : les Schneider ont organisé un système qui unifie la ville et l’usine et qui prend en charge l’ouvrier et sa famille jusque dans ses loisirs. En 1838, ils fondent une caisse de prévoyance et un système d’assurance maladie. Ils construisent des maisons individuelles pour les ouvriers, bâtissent des écoles, des infirmeries, des salles de fêtes, créent des sociétés sportives et musicales. Les enfants doués voient leurs études prises en charge afin qu’ils deviennent ingénieurs à l’usine.

Mais, dans ce «paradis », l’ouvrier et sa famille sont captifs. Tout est contrôlé et encadré, de l’allure des façades de la ville jusqu’à la moralité des employés. Aucun café ne peut s’installer dans la cité. Une statue du patron orne la grand-place et des cérémonies honorent régulièrement les fondateurs de l’usine et maîtres de la ville.

La métallurgie française depuis le XIXème siècle.

L’essor du XIXème siècle. C’est à partir de 1840 que la métallurgie française prend son essor. Le chemin de fer, l’industrie de l’armement et le bâtiment deviennent de gros consommateurs d’acier. En 1856, l’Anglais Bessemer invente le convertisseur pneumatique acide, qui permet la production de gros tonnages à bas prix. En 1840, la France produit 240 000 tonnes d’acier, en 1870, plus de 1 million.

Une apogée de 50 ans. A la veille de la première guerre mondiale, la France fabrique 4 millions de tonnes d’acier. Les grandes régions productrices souffrent du conflit, mais dès les années 20, la production reprend un rythme croissant : 10 millions de tonnes en 1929. Les travaux d’affinage de la qualité se poursuivent, et, à partir des années 1950, on utilise les procédés de l’oxygène pur. Industrie solide autour de laquelle s’organise la vie de régions entières, la sidérurgie triomphe. Dans les années 1970, la production atteint 25 millions de tonnes.

La crise des années 1970 et le déclin.

Mais les grandes sociétés françaises, Usinor et Sacilor, ressentent dès 1966 les prémices d’une crise importante. D’autres pays (Japon, Italie) se sont plus vite adaptés que la France. Les grandes crises de l’énergie (1973, 1976) frappent de plein fouet un secteur fragile qui, entre 1966 et 1974, a déjà reçu de l’Etat une aide de 7 milliards de francs. Les difficultés s’aggravent jusqu’en 1983 et des dizaines de milliers d’employés sont mis au chômage ; la Lorraine est la région la plus touchée. Après plusieurs plans de restructuration, la sidérurgie française se stabilise à partir de 1984.