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Il a codifié les pratiques du commerce international.
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Il a mis en garde contre l’explosion démographique.
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Les débuts de la révolution industrielle.

Le métier Jacquard.

Les principes de la programmation et de la séquence d’instruction, développés entre 1725 et 1800 dans les métiers à tisser, sont d’une fécondité extrême. Au-delà de leur emploi dans le textile, ils sont appelés à trouver leur premier grand champ d’application avec l’ordinateur numérique de Charles Babbage (malheureusement inachevé) et les calculateurs électromécaniques de la fin du XIXème siècle.

C’est en 1800 que le français J-M Jacquard met au point son célèbre métier programmable. Jacquard n’est pourtant pas lui-même l’inventeur du principe de la programmation.

La première carte perforée.

Cet honneur revient au Français Basile Bouchon, qui invente la carte perforée en 1725, afin d’automatiser le tissage d’étoffe à motifs. En effet, les procédés traditionnels exigent un agencement mécanique très compliqué et l’intervention d’un ouvrier spécialisé – appelé tireur de lacs – qui est chargé de choisir et de tirer toutes ensembles certaines cordes situées au prolongement de chaque fil de la chaîne, selon que le motif du tissage exige qu’il soit levé ou maintenu à niveau. C’est un travail lent , pénible, et particulièrement contre-productif. On ne peut que souhaiter l’automatiser. C’est ce que Bouchon propose de faire , avec sa carte perforée qui commande le soulèvement ou le maintien à niveau des fils de chaine, selon qu’elle est ou non traversée par une aiguille. L’invention du Français permet ainsi la programmation d’un motif, son intervention, par l’intermédiaire d’une autre carte perforée, et sa mise en réserve. Mais le dispositif de Bouchon a une seule rangée d’aiguilles et reste donc sommaire.

Le métiers à tisser de Falcon.

Un autre français, Jean-Baptiste Falcon, perfectionne alors l’invention de Bouchon, entre 1728 et 1734. Il conçoit un chapelet de cartes perforées rectangulaires reliées entre elles par des cordelettes, qui interprètent le motif, peut-être en imitation des cartons piqués dont font l’usage les cylindres des orgues de Barbarie. Avec le système de Falcon, on peut maintenant utiliser plusieurs rangées d’aiguilles et contrôler 400 fils de la chaîne. L’automatisation réalisée est suffisamment intéressante pour que plus de quarante métiers à tisser fondés sur son principe soient construits, entre 1734 et 1765.

La tentative de Vaucanson.

En 1745, le célèbre fabricant d’automates Jacques Vaucanson imagine un métier qui fasse appel à un cylindre perforé pour automatiser entièrement le tissage. Mais la capacité du cylindre est trop réduite, du point de vue du nombre et de la variété des instructions qu’il peut contenir, et Vaucanson ne peut aboutir à une solution pratique satisfaisante.

En revanche, Jacquard réussit à créer un métier à tisser automatique réellement utilisable. Il revient au principe de la séquence d’instruction de Falcon, et il imagine un dispositif original, par lequel des aiguilles élèvent ou maintiennent à niveau les filsde la chaîne, selon qu’elles rencontrent ou non une perforation. Jacquard réalise son premier métier en 1800.

En 1801, il prend un brevet pour « une machine destinée à suppléer le tireur de lacs dans la fabrication des étoffes blouclées ». En 1805, il présente un nouveau métier à 1200 aiguilles qui permet le tissage de motifs extrêmement élaborés.

Jacquard et les canuts de Lyon.

La résistance initiale des canuts de Lyon à son invention ne dure pas, car Jacquard, qui est lui-même natif de cette ville, explique aux ouvriers qu’elle permettra d’augmenter la consommation de soierie. En 1812, on compte 11 000 métiers Jacquard à travers la France.

En 1833, Charles Babbage se met au travail sur le principe d’une machine analytique programmable et qui doit pouvoir fonctionner comme un calculateur automatique. L’analogie est patente entre les principes de programmation de programmation du métier de Jacquard et ceux que Babbage veut introduire dans sa machine, qui est l’ancêtre de l’ordinateur moderne.

Le savant anglais le reconnaît d’ailleurs volontiers, et sa collaboratrice , Lady Lovelace, à qui l’on doit le premiers « programmes » d’ordinateur, écrit une phrase restée célèbre dans les annales de l’informatique : « Nous pouvons justement dire que la Machine analytique tissera des motifs algébriques, tout comme le métier Jacquard tisse des fleurs et des feuilles.

Babbage : le lien avec l’ordinateur

« On sait que le métier Jacquard est capable de tisser n’importe quel motif imaginable… des trous [sont percés] dans une série de cartons de telle sorte que, lorsque ces cartons sont placés dans le métier, celui-ci tissera… le motif qu’a choisi l’artiste.

« L’analogie entre la machine analytique et ce procédé bien connu est pratiquement totale. La machine analytique possède deux parties :

1° Le magasin [mémoire], qui contient toutes variables sur lesquelles il faut calculer, ainsi que les quantités qui ont été tirées du résultat d’autres opérations ;

2° Le moulin (unité de calcul) où sont systématiquement amenés les quantités sur lesquelles on va calculer.

« Chaque formule que la machine analytique peut être amené à calculer , consiste e, certaines opérations algébriques à effectuer sur des lettres données, et en certaines autres modifications qui dépendent de la valeur numérique de ces lettres. Il y a donc deux séries de cartons, qui gère le type d’opérations à éffectuer - on les appelle cartes opérations ; une seconde, qui gère les variables particulières sur lesquelles les cartes opération doivent travailler – on les appelle cartes de variables. Le symbole de chaque variable ou constante est placé au sommet d’une colonne capable de contenir n’importe quel nombre ou chiffre ».

Dans cette configuration, lorsqu’on veut calculer une formule quelconque, on doit assembler une série de cartes opérations, qui contiennent , dans leur ordre séquentie, les séries d’opération à effectuer.

« Un autre groupe de cartes, doit aussi être assemblé pour diriger les variables, en ordre séquentiel vers le moulin.

« Chaque opération va nécessiter trois autres cartes : deux qui représentent les variables et les constantes avec leur valeur numérique, sur lesquelles les cartes opérations doivent calculer, et une qui représente la variable sur laquelle le résultat arithmétique de cette opération doit être noté.

« La machine analytique est donc une machine d’une nature tout à fait générale. Quelle que soit la formule qu’elle doit développer, la loi du développement doit lui être communiquée par deux séries de cartes. Quand celles-ci ont été mises en place, la machine devient spécialisée pour une formule particulière. »