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L’étain : la route des gaules.

"Dans le centre du pays se trouvent des mines d’étain ; sur les côtes, des mines de fer, mais peu productives ; le cuivre qu’on emploie vient du dehors". L’auteur de ces lignes n’est ni un géographe ni un simple voyageur ; mais un grand chef de guerre : Jules César en personne. Et le pays dont il parle n’est autre que la Cornouailles. Le chef des légions romaines est un explorateur attentif aux richesses de ses terres de conquête. Et l’étain en fait assurément partie. C’est un métal remarquablement malléable et relativement facile à extraire. Mais surtout c’est en le mélangeant avec le cuivre qu’on obtient le bronze, le premier alliage réalisé par l’Homme à la fin de la préhistoire (période dite de l’ « âge de bronze » entre 2000 et 700 avant notre ère). Et à l’époque de César, le bronze a encore de nombreux usages particulièrement sensibles : il sert à fabriquer à fabriquer non seulement des statues, du mobilier, des parures…, mais aussi des outils, des armes et des monnaies.

Contrôler l’approvisionnement. Jules César n’a certainement pas attendu de se lancer dans ses campagnes septentrionales pour découvrir ces richesses. L’étain celtique arrivait depuis longtemps sur les bords de la méditerrannée. C’est pourquoi, parmi les raisons avancées pour expliquer l’invasion de la Gaule par les Romains entre 58 et 50 avant jésus christ, certain ont mis en avant le contrôle de la « route de l’étain » qui traversait ce pays.

Cette route de l’étain avait été d’abord maritime : ouverte par les navigateurs phéniciens et carthaginois, elle empruntait le détroit de Gibraltar, puis longeait les côtes de la péninsule ibérique et de la Gaule pour gagner, enfin, le sud de l’Angleterre et atteindre les mines de Cornouailles situées dans les îles Scilly (ou îles Cassitérides). Mais au 6 ème siècleavant notre ère, les grecs s’intéressent de plus en plus aux côtes et au commerce de la méditerranée occidentale. Ils y créent d’importantes colonies et de nombreuses cités : Massalia (Marseilles), Alalia (l’ancienne Aléria en Corse)… Leurs ambitions conduisent finalement les Carthaginois et les etrusques à leur interdire de circuler librement dans cette partie de la méditerranée et de franchir le détroit de Gibraltar. L’étain destiné à la Grèce et à ses colonies se fraie alors un chemin à travers la Gaule.

De bons métallos. Ce métal prit de ce fait une place importante dans l’économie celtique, et son commerce contribua à structurer le territoire et ses voies de communication de la Bretagne jusqu’à la Provence en passant par le bassin parisien. Des bateaux faisaient circuler les lingots sur la Loire, la sein et le Rhône. Mais il fallait aussi acheminer les cargaisons par voie terrestre pour passer d’un fleuve à l’autre. Au cœur de ce réseau figurait l’une des plus importantes cités celtiques de l’époque : Alésia. Située dans l’actuelle côte d’or, cette cité passait pour être le cœur de l’industrie de l’étain en Gaule, si l’on en croit Pline l’Ancien. On y a retrouvé la trace d’importants ateliers de travail de métaux, qui témoignent d’une activité de transformation intense à l’époque. Bref nos ancêtres les Gaulois n’auraient pas été seulement de bons agriculteurs, mais aussi d’excellents métallurgistes. Cela leur valut d’être « romanisé ». En tout cas, ce n’est pas d’aujourd’hui que la sécurité des approvisionnements en matières premières détermine les actions des grandes puissances…