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DAVID RICARDO
Il a codifié les pratiques du commerce international.
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Il a mis en garde contre l’explosion démographique.
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MATIERES PREMIERES

L’OPIUM, clé du commerce international.

Ô, juste subtil et puissant opium ! Toi qui, au cœur du pauvre comme du riche, pour les blesures qui ne cicatriseront jamais et pour les angoisses qui induisent l’esprit en rébellion, apportes un baume adoucissant. » Ainsi Charles Baudelaire chantait-il les louanges de la « fée brune » dans les paradis artificiels en 1860. Si le poête consomma la substance essentiellement pour soulager ses maux aux ventres, les Chinois en firent une consommation de plus en plus répandue à partir du XVIIIème siècle en la fumant. Les britanniques, qui étaient les principaux fournisseurs d’opium de l’empire du Milieu via leur colonie indienne, utilisèrent la narcotique comme une véritable arme de guerre pour imposer leur hégémonie à la Chine et la forcer à l’ouverture commerciale internationale.

PROHIBITION. Depuis la fin di XVIIIème siècle, les chinois imposaient des règles très strictes aux échanges commerciaux : ils devaient passer exclusivement via le port de Canton, par l’intermédiaire d’une guilde marchande. L’Angleterre, de son côté, achetait à la Chine des quantités importantes de thé et avait donc une balance des paiements déficitaire avec elle ; au début du 19 ème siècle, elle parvint à rétablir cette balance à son avantage grâce à l’exportation vers la Chine d’opium en provenance de sa colonie indienne. Mais devant les ravages causés dans la population par la consommation croissante du stupéfiant, les autorités chinoises décidèrent en 1729 de le prohiber et même, en 1839, de condamner à mort vendeurs et consommateurs. Ils arrêtèrent donc de nombreux marchands anglais et saisirent plus de 20 000 caisses d’opium en 1839.

Pour les Britanniques, c’en était trop. Le parlement envoya sur place la Royal Navy en Juin 1840. Le conflit tourna vite à l’avantage de Britanniques, qui firent signer aux chinois le traité de Nankin en 1842. Il accordait l’accès des marchands anglais à 5 ports, abolissait le monopole de la guilde marchande et consacrait la cession de l’île de Hongkong à l’Angleterre. Rapidement, d’autres puissances occidentales imposèrent d’autres traités similaires aux chinois.

Il reste toutefois un écart entre la lettre du traité et la pratique. Par exemple, l’accès aux villes portuaires était quasi impossible. Du coup, les Britanniques, accompagnés des français cette fois, déclenchèrent en 1856 la seconde guerre de l’opium. Celle-ci se soldera par la convention de Pékin, signée en 1860, elle aussi beaucoup plus favorable aux occidentaux. Onze ports étaient désormais ouverts au commerce, dans lesquels les étrangers pouvaient installer des concessions, les droits de douane étaient limités, etc. Le commerce de l’opium, mais aussi celui du coton, de la quincaillerie, etc. franchissaient désormais les frontières de l’empire du Milieu.

Humiliation. Ces deux guerres de l’opium marquèrent ainsi le début de la suprématie des technologies militaires, des pratiques diplomatiques et des conceptions libérales du commerce occidental. Mais elles furent aussi rétrospectivement relues comme le premier acte d’une série d’humiliations infligées à la Chine par les occidentaux. Et elles constituent aujourd’hui l’un des évènements fondateurs des revendications nationalistes qui accompagnent la montée en puissance de l’économie chinoise. Un retour de bâton pour les occidentaux ?