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LE NUCLEAIRE : « L’étonnante action de la radioactivité sur l’épiderme est un des plus beaux sujets d’émerveillement que nous ait fourni la science depuis des années », s’exclame en 1913 une publicité pour la « Crème Activa Radioactive», qui prétend prévenir les effets de vieillissement. Depuis la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel en 1896, l’uranium, qui était jusqu’alors réputé « sans utilité », est paré de propriétés antiseptiques et dermatologiques plus ou moins sérieuses. En réalité, on se concentre alors surtout sur le radium, un corps présent en très faible quantité dans le minerai d’uranium.

C’est le nucléaire militaire qui va réellement déclencher l’intérêt pour l’Uranium à proprement parler. A partir des recherches du « projet Manhattan », qui déboucheront sur la mise au point de la première bombe A en 1945, il devient une ressource stratégique. Poussé par la guerre froide et les aspirations de plusieurs Etats au statut de puissance atomique, le prix de la livre d’uranium atteint 21 dollars au milieu des années 1950. Mais les découvertes de nouveaux gisements et la baisse de la demande militaire le font retomber à moins de 8 dollars à la fin des années 1960.

Relance et doute. Le développement du nucléaire civil va le relancer au début des années 1970. Jusque-là, le coût du kilowattheure d’origine nucléaire par fission de l’uranium enrichit était très supérieure à celui du kilowattheure d’origine fossile. Mais l’augmentation du prix des hydrocarbures à partir du premier choc pétrolier de 1973 ouvre des perspectives de rentabilité nouvelles pour l’énergie nucléaire. Entre 1973 et 1975, la livre d’uranium passe de 6,5 à plus de 20 dollars, une hausse qui n’a qu’un impact mineur sur le prix de l’énergie nucléaire, car il faut très peu de matière première pour faire fonctionner un réacteur. Du coup, la prospection reprend. Les dangers liés à cette technologie sont cependant de mieux en mieux connus. L’accident de Three Miles Island (Etats-Unis) en 1979 jette le doute sur la sûreté des installations. Mais c’est surtout le drame de Tchernobyl en Ukraine, en 1986, qui alerte les pouvoirs publics du monde entier sur les dangers du nucléaire.

Face au réchauffement climatique, à la nécessité de réduire les émissions de C02 et à la perspective d’un pétrole plus rare, l’énergie nucléaire retrouve cependant les vertus aux yeux de plusieurs Etats développés, car c’est une énergie peu carbonée. Certains regardent le nucléaire comme l’énergie de transition dont le monde a besoin pour franchir l’épreuve de la baisse des émissions de CO2.

Millénaires. Mais l’accident récent de Fukushima au Japon vient rappeler ses dangers potentiels. En outre, l’équation économique se complique singulièrement quand on tient compte à la fois des coûts de maintenance des équipements, des contraintes de sécurité, des conditions de gestion des déchets et des difficultés de démantèlement des centrales en fin de vie. D’autant que les hydrocarbures non conventionnels se développent et que les réserves d’uranium sont de toute façon assez limitées. Si l’on continuait à exploiter les mêmes technologies et à consommer autant d’énergie nucléaire, et si le prix de matière première restait à peu près stable, nous n’aurions pas pour plus d’un siècle de réserves. Alors que les dégâts liés aux accidents et les risques attachés aux déchets pourraient, eu, durer plusieurs millénaires.