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LE COTON AFRICAIN :

En 1938, Pierre Herbart, écrivain, journaliste et grand voyageur, s’embarquait à Bordeaux pour l’Afrique Occidentale Française (AOF). Destination : le Soudan Français, l’actuel Mali. Et plus précisément, la zone d’aménagement agricole qui s’étend au nord de Ségou, en bordure du fleuve Niger, à plusieurs heures de piste au nord est de Bamako. C’est là que la France a décidé, une quinzaine d’années plus tôt, de transformer le désert sahélien en un immense champ de coton pour alimenter l’industrie textile de la métropole, grâce à la dérivation d’une partie des eaux du fleuve. Esprit libre et observateurs avisé de la réalité (c’est avec lui qu’André Gide, auteur du retour d’URSS, a voyagé au pays de Staline deux ans plus tôt), Pierre Herbart en rapportera le chancre du Niger, une enquête accablante sur l’office du Niger. Etablie officiellement en 1932, cette entreprise vise l’irrigation d’un à deux millions d’hectares de terres agricoles. Elle fait à l’époque l’orgueil d’une grande partie de la classe politique française et excite les appétis au sein du patronat.

8 000 PAIRES DE BRAS. L’abandon des vêtements et des tissus de laine et de lin au profit du coton a été l’un des moteurs de la révolution industrielle. Mais la France qui importe des Etats-Unis la quasi-totalité de son coton fibre , voudrait s’affranchir de cette dépendance et rêve de faire pousser son coton dans ses colonies à l’instar des anglais. Sauf que le Niger n’est pas le Nil. Et que les terres irrigables du Soudan sont à des milliers de kilomètres du premier port.

Les mises en garde de fonctionnaires de l’AOF sur les bénéfices incertains et les coûts pharaoniques de ce projet (barrages, canaux, etc.) à la charge de la colonie, ne seront pas entendues par Paris. Pas plus que ne sera anticipée l’insuffisance de la main d’œuvre. La déportation de paysans depuis l’actuel Burkina Faso ne permettra pas de rassembler plus de 8 000 bras en 1938, bien loin du 1,5 million nécessaire à la production des 300 000 tonnes de coton-fibre.

450 MILLIONS DE FRANCS. Malgré le recours au travail forcé, l’Office n’a produit que 80 tonnes de coton brut. « Une production qui aura nécessité une dépense d’environ 450 millions de francs », écrit l’ami d’André Gide. Rapidement, la culture du coton est marginalisée au profit de celle du riz, afin de nourrir la population. A l’indépendance, les surfaces irriguées n’auront atteint que 54 000 hectares cultivés par 35 000 paysans, la moitié de la production nationale de riz.

Mais faute d’investissement et de soutien aux paysans, ces capacités sont fragiles. Certes, depuis quelques temps, l’argent afflue, mais ce ne sera vraisemblablement pas au profit de l’économie nationale. Saisi par la fièvre des agrocarburants et autres matières premières agricoles, nombre d’investisseurs étrangers ont jeté leur dévolu sur les dizaines de milliers d’hectares potentiellement irrigables de la zone. Si l’on ne parle plus de coton , mais de Jatropha et autres cultures de rente, le chancre du Niger décrit par Pierre Herbart est de retour.

De bons métallos. Ce métal prit de ce fait une place importante dans l’économie celtique, et son commerce contribua à structurer le territoire et ses voies de communication de la Bretagne jusqu’à la Provence en passant par le bassin parisien. Des bateaux faisaient circuler les lingots sur la Loire, la sein et le Rhône. Mais il fallait aussi acheminer les cargaisons par voie terrestre pour passer d’un fleuve à l’autre. Au cœur de ce réseau figurait l’une des plus importantes cités celtiques de l’époque : Alésia. Située dans l’actuelle côte d’or, cette cité passait pour être le cœur de l’industrie de l’étain en Gaule, si l’on en croit Pline l’Ancien. On y a retrouvé la trace d’importants ateliers de travail de métaux, qui témoignent d’une activité de transformation intense à l’époque. Bref nos ancêtres les Gaulois n’auraient pas été seulement de bons agriculteurs, mais aussi d’excellents métallurgistes. Cela leur valut d’être « romanisé ». En tout cas, ce n’est pas d’aujourd’hui que la sécurité des approvisionnements en matières premières détermine les actions des grandes puissances…